08.12.2007

Patrick Ripoche et Handirock

Tétraplégique à la suite d’un accident, Patrick Ripoche a décidé de réaliser son rêve, en faisant de la danse son métier. Aujourd’hui, ses cours de rock, de salsa et de tango rassemblent des élèves qui marchent et des élèves qui roulent, en Vendée et en Loire-Atlantique.      

« On y va en musique ? Et un, deux, trois, cha cha cha ! ». Dans la salle de danse, à Basse-Goulaine, près de Nantes, Patrick Ripoche observe avec attention les couples de danseurs qui virevoltent sous ses yeux. Il y a quatre ans, cet ancien professeur de métallurgie de 43 ans a créé l’association Handirock, qui propose des cours uniques dans la région. « Ils sont ouverts à la fois aux roulants, c’est-à-dire aux personnes en fauteuil roulant, et aux marchants. »

Féru de danse depuis l’adolescence, Patrick Ripoche a pourtant failli renoncer à sa passion, à la suite d’un grave accident de voiture, en septembre 2000. Après quelques jours de comas, le verdict est sévère : victime de plusieurs fractures, dont une aux cervicales, le Vendéen ne peut plus ni bouger, ni parler. « Je n’avais plus aucun espoir. Jusqu’au jour où ma fille de deux ans est venue m’embrasser, à l’hôpital. C’était comme une piqûre de vie. J’ai décidé de me battre. »

Au centre de rééducation fonctionnelle de Nantes, une nouvelle rencontre conforte encore sa volonté. Encouragé par une infirmière, Patrick Ripoche assiste à un cours de danse, en présence de cavaliers valides et handicapés. C’est le déclic. « J’étais émerveillé. Jamais je n’aurais imaginé cela possible ! Lorsque j’avais l’usage de mes jambes, j’enseignais bénévolement le rock, sur mon temps libre. Pourquoi ne pas m’y remettre ? C’était une évidence : il fallait que je me lance, en créant ma propre école de danse. »

Pendant des mois, le Vendéen s’entraîne et se rode à la danse en fauteuil roulant avec son épouse. Grâce à l’aide d’un ami, il invente et finance de sa poche un prototype de fauteuil ultraléger et facile à manier. L’un de ses anciens élèves met gracieusement à sa disposition une salle de fête. Patrick Ripoche organise des démonstrations et multiplie les mailings, pour se faire connaître. Il fonde l’association Handirock, en mai 2003.

Le premier cours, à La Roche-sur -Yon, affiche rapidement complet. Qu’à cela ne tienne : le prof de danse en lance un second, en région nantaise. Grâce au bouche à oreille, plusieurs maisons de retraite font également appel à ses services. « J’interviens pour former le personnel, afin qu’il puisse organiser des après-midi dansants pour les pensionnaires », résume Patrick Ripoche, qui n’oublie pas les plus jeunes.  

Chaque semaine, il enseigne le tango argentin à la Généraudière , une école primaire où se mêlent élèves valides et handicapés. « Au fil des séances, les enfants prennent confiance en eux et apprennent à mieux coordonner leurs mouvements », constate le Vendéen. Une satisfaction de plus pour ce passionné, qui se dit déjà comblé.

« Quoi de mieux que de transmettre ce que l’on aime ? Grâce à la danse, chacun apprend à découvrir l’autre et à mieux le comprendre, malgré ses différences. Cela n’a pas de prix. »

Handirock, La Renaudière , 85150 Sainte-Flaive-des-Loups. Tél.: 02 51 34 08 07. Site : www.handirock.asso.fr

 

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