08.12.2007
Simone Houlbert. Un jardin pour les enfants des bidonvilles
Il y a neuf ans, Simone Houlbert a fondé l’association Essor Ecuador, en Equateur. Là-bas, cette retraitée cultive des légumes pour nourrir gratuitement les enfants défavorisés, dans les garderies.

Installée en Equateur depuis neuf ans, Simone Houlbert fait chaque année une escale de quelques jours en France, auprès de ses proches. Mais l’esprit de ce petit bout de femme, qui fêtera bientôt ses soixante-dix ans, ne quitte jamais vraiment les hauteurs de Quito, sa ville d’adoption. C’est là que la vie de cette retraitée a basculé, en mars 1997.
« Depuis des années, je rêvais de venir en aide aux enfants déshérités. Pendant trois mois, j’ai réalisé une mission dans une garderie, située dans un bidonville. Là-bas, les enfants survivent en vendant des babioles en échange de quelques pièces. Les tout-petits dont je m’occupais étaient apathiques. Ils ne riaient jamais. Et pour cause : la plupart souffraient de malnutrition. Les laisser livrés à leur sort, c’était impossible ! », explique Simone.
Ni une, ni deux ! En janvier 1998, Simone créé l’association Essor Ecuador. Son objectif : financer avec ses deniers un petit jardin, et y cultiver des légumes, pour nourrir les enfants. Un propriétaire généreux accepte de prêter trois hectares de terre à Machachi, au pied du volcan Cotopaxi. La retraitée embauche un couple d’Equatoriens pour lui prêter main forte. Elle s’initie peu à peu à l’espagnol, dont elle ne parle pas un mot.
Pendant trois ans, Simone cultive de ses mains pommes de terre, carottes, choux et navets. Grâce à elle, douze garderies, soit huit cent enfants, sont approvisionnées chaque semaine ou quinzaine. En 2001, les héritiers du propriétaire souhaitent reprendre les terres. L’association doit déménager. Mais il en faudrait plus pour abattre Simone, qui déniche rapidement un autre lopin d’un hectare, au nord-est de Quito.
Dans la foulée, elle créé une petite école de jardinage, pour transmettre son savoir aux enfants des quartiers pauvres. Une quarantaine de jeunes y cultivent régulièrement leur petit carré. « J’essaye de leur inculquer le respect de la nature. A chaque séance, ils repartent avec leur sac de légumes ».
Simone Houlbert ne roule pas sur l’or. Mais elle est bien décidée à se battre bec et ongles pour ses « petits ». Car le jeu en vaut la chandelle. En 2005, Essor Ecuador a reçu le Trophée des justes d’or et le prix des ONG françaises en Equateur.
Par ailleurs, une étude réalisée par l’Institut national de la famille a démontré un net recul de la malnutrition chez les enfants des garderies, approvisionnées par l’association. La plus belle des récompenses pour Simone. « Les jeunes courent, s’amusent. Ils ont retrouvé leur joie de vivre. Que rêver de mieux ? »
Essor Ecuador, 15, place Centrale, 21800 Quetigny. http://essor-ecuador.ifrance.com
Mail : essorecuador@hotmail.com
13:50 Publié dans Etranger, Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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