11.12.2007
Les délices d’Ile Ré Elle
Il y a trois ans, Annick Delalleau a ouvert Ile Ré Elle, une épicerie de produits régionaux, sur l’île de Ré. Une reconversion en beauté pour cette ancienne coiffeuse, passionnée par son nouveau métier.
« Devenir épicière, c’était un rêve de gamine ! Petite, j’étais très gourmande. Ma boutique, c’est un peu la caverne d’Ali Baba. On y trouve du miel, des confitures, des sablés et du vin, tous produits sur l’île. J’y ai placé des bocaux remplis de friandises, comme autrefois. Je vends mon sel au détail, en le conservant dans des tonneaux », explique Annick Delalleau. Située au village du Bois Plage, sur l’île de Ré, l’épicerie Ile Ré Elle a pendu la crémaillère en avril 2003.
« En 1993, j’ai été victime d’un accident de voiture. J’ai dû abandonner mon métier de coiffeuse. Mais cela a été aussi un déclic ! A 53 ans, j’ai osé me lancer dans le métier dont j’avais rêvé ! », se réjouit Annick. Après plusieurs années de chômage, cette battante a en effet décidé de se retrousser les manches. « J’ai commencé par peindre de petits objets sur les marchés, comme artiste libre. Puis j’ai eu l’idée de vendre des spécialités régionales, dans des emballages décorés. »
En janvier 2000, Annick se jette à l’eau, en créant son entreprise individuelle. « Je n’avais pas un sou de côté. J’ai donc fait appel à l’Adie, une association qui aide les chômeurs à monter leur société. Deux mois après, j’ai obtenu un prêt de 2 000 € ». La jeune chef d’entreprise, qui éprouve des difficultés à soulever une charge depuis son accident, décroche également une aide de 6 000 € de l’Agefiph, un organisme de soutien pour les personnes handicapées.
« J’ai acheté et aménagé une camionnette d’occasion, pour faire les marchés. Peu à peu, je me suis fait connaître, en vendant mes produits. En même temps, j’ai commencé à chercher un local, pour ouvrir une vraie boutique », explique Annick. Ses efforts sont récompensés, en février 2002. « Des amis m’ont avertie qu’un pas de porte se libérait, près de chez moi. Le loyer était de 1 000 € par mois. Aucune caution n’était exigée. J’ai sauté sur l’occasion ! », confie-t-elle.
Un nouveau prêt de l’Adie lui permet d’aménager sa boutique, avec l’aide de son mari bricoleur, de constituer un stock de marchandises et un fonds de roulement, pour assurer sa trésorerie. « J’ai aussi installé un petit atelier, dans un recoin du magasin, pour réaliser mes peintures et mes décorations devant les clients. »
Depuis, le succès est au rendez-vous : ouverte six mois sur douze, Ile Ré Elle a vu son chiffre d’affaires augmenter de 10 % au printemps dernier. « Pendant les six autres mois de l’année, je continue à vendre sur les marchés, sourit Annick. Aujourd’hui, l’entreprise me permet de tirer un revenu proche du Smic. Mais elle m’a apporté bien plus ! Grâce à elle, j’ai pu me prouver que je pouvais rebondir ! ».
07:00 Publié dans Création d'entreprise, Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Seriez-vous la journaliste Elisabeth Petit dont j'ai lu le livre récemment :"Renondir, partis de rien ils ont créé leur entreprise" ? Ce livre et les témoignages recueillis m'ont beauoup intéressés.
Voic le livre dont je parle : http://www.amazon.fr/Rebondir-partis-rien-cr%C3%A9%C3%A9-entreprise/dp/2854434943/ref=sr_1_9?ie=UTF8&s=books&qid=1197384696&sr=8-9
Ecrit par : BS | 11.12.2007
Oui, c'est bien moi, et je donnerai bientôt sur ce blog des nouvelles des personnes que nous avons eu la chance de rencontrer pour ce livre. Merci de m'avoir soufflé l'idée.
Elisabeth Petit
Ecrit par : Elisabeth Petit | 11.12.2007
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