31.12.2007
Les serviteurs dévoués des villages "fantômes"
En février 1916, neuf villages étaient rayés de la carte par les bombardements allemands, lors de la bataille de Verdun. Aujourd’hui, des maires dévoués font revivre ces communes quasi-désertes ou sans âme qui vive.
« L’autre jour, je me promenais dans mon village, lorsque des touristes m’ont accosté, pour me demander où était la commune. Je leur ai répondu qu’elle était là, sous leurs pieds », raconte avec malice Charles Saint-Vanne, maire d’Ornes, près de Verdun (photo ci-contre).
Maire de Cumières-le-Mort-Homme, petit bourg de zéro habitant, 611 hectares et 860 mètres de voirie, Jean Lavigne a également eu droit à ces réflexions étonnées. « Les gens de passage peinent à croire qu’avant la guerre, il y avait de la vie ici. Pourtant, en 1911, Cumières comptait des artisans et une compagnie de sapeurs-pompiers. Désormais, c’est un petit paradis, témoin de l’histoire avec un grand H », explique-t-il.
Comme Ornes et Cumières, sept villages ont été réduits en cendres en février 1916 par les millions d’obus qui se sont abattus sur la région de Verdun. Jonchés d’explosifs, ces bourgs transformés en paysages lunaires ont été déclarés inhabitables et inconstructibles, et placés en zone rouge à la fin de la guerre.
« Leurs trois mille habitants ont dû s’exiler. Mais pour éviter que ces communes ne meurent une seconde fois, en tombant dans l’oubli, le préfet de la Meuse a décidé de désigner une commission municipale à la tête de chacune. Le président de cette commission fait office de maire, et ses deux membres d’adjoints », résume François Long, maire de Louvemont (Photo: cérémonie à Louvemont).
Depuis, le système est resté identique. Les maires de Cumières, Louvemont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux, Bezonvaux et Beaumont-en-Verdunois sont aujourd’hui les seuls maires du pays à la tête d’une commune sans électeurs et sans habitants.
« Nous avons toutes les prérogatives d’un élu classique. La seule différence, c’est que nous ne sommes pas grands électeurs : nous ne pouvons pas élire les sénateurs », explique Jean Laparra, à Bezonvaux.
Amoureux de leur village, une partie de ces maires exercent leurs fonctions de génération en génération. « Depuis 1925, mon grand-père, mon oncle et ma mère ont été successivement maires de Beaumont. J’ai pris la suite en 1990 », résume Pierre Libert, un ancien officier âgé de 72 ans.
Ex-officier lui aussi, Léon Rodier, 88 ans, a eu en revanche un coup de cœur pour la commune de Fleury. « Je suis né en Afrique du Nord, mais je n’ai jamais pu y retourner. Alors, j’ai adopté Fleury il y a trente ans, et je m’en occupe depuis. Le travail ne manque pas ! », confie ce retraité (Photo: paysage lunaire à Fleury) *.
Car s’ils avouent avec humour ne pas être dérangés par leurs administrés, les responsables de ces villages fantômes peuplés de cimetières, de chapelles et de monuments aux morts ont fort à faire, pour redonner vie à leurs fiefs et empêcher la nature d’y reprendre ses droits.
« Il y a les espaces verts et la chapelle à entretenir. Nous avons également un kilomètre et demi de voirie à refaire, pour un coût de 45 000 euros. C’est hors de nos moyens », regrette Charles Saint-Vanne (Photo: Ornes, vue aérienne).
Les taxes versées par l’Office national des forêts, gestionnaire des bois qui recouvrent la majorité des bourgs, constituent en effet le gros de leur budget quasi-fantomatique, lui aussi. Mais il en faudrait plus pour décourager ces maires hors normes, qui déploient des trésors d’imagination, avec les moyens du bord.
« J’ai fait construire à Ornes en 1996. Ma mairie occupe treize mètres carrés, dans mon garage. Je l’ai aménagée avec mes deniers. Un jour, nous avons même célébré un mariage, sur la terrasse de ma maison... La mairie était trop petite, et on n’aurait pas pu caser tout le monde », explique Charles Saint-Vanne (Photo: fontaine à Bezonvaux).
A Bezonvaux, Jean Laparra n’a pas ménagé sa peine non plus. « Nous avons fait parler les ruines, en dégageant les broussailles qui les dissimulaient. Nous avons remis en état la Grande rue, en laissant incrustés dans le sol les fragments de vaisselle et de ferraille que nous avons dégagés. La plupart des visiteurs repartent avec l’impression étrange que s’il n’y a plus d’habitants, Bezonvaux est toujours un village habité », explique ce natif de Verdun, âgé de 84 ans.
Car ces bourgs fantômes n’ont pas encore dévoilé tous leurs mystères. « Récemment, nous avons découvert dans la terre le cœur de l’ancienne église et des instruments liturgiques, enfouis depuis quatre-vingt dix ans. Certains sentaient encore l’encens », ajoute François Long (Photo: mémorial de Fleury).
A Fleury, les maisons détruites ont refait une apparition symbolique. « Des bornes en trois langues signalent leur emplacement, ainsi que ceux de la mairie-école et de l’auberge », résume Léon Rodier (Photo: vue aérienne Haumont-près-Samogneux).
De quoi satisfaire la curiosité des descendants de villageois exilés qui, chaque année, affluent en masse en quête d’une trace de leurs ancêtres.
« Nous allons également réaliser un jumelage avec le bourg de Cauro, en Corse. Car l’amicale du 173e régiment d’infanterie, basée là-bas, a délivré la Côte du Poivre, notre région, en 1916 », précise François Long (Photo: messe à Hautmont).
Autant d’initiatives qui permettent aux bourgs de survivre dans les mémoires, à la grande joie de leurs responsables. « Je reçois parfois la visite de Belges et d’Allemands, confie Gérard Gervaise, maire de Haumont-près-Samogneux. Parler avec eux de ce qui a existé ici est une vraie récompense. » (Photo: chemin de mémoire à Bezonvaux)
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Nous avons une pensée pour Léon Rodier, qui nous a quittés depuis la rédaction de cet article. Lorsqu'on nous l'avions interrogé voici plusieurs mois pour cet article, son dévouement pour sa commune nous avait beaucoup marqués.
(Article paru en janvier 2007 dans Réponse à tout)
Deux villages et une centaine d’habitants
Situées dans la zone rouge, les communes de Douaumont et de Vaux-devant-Damloup sont les seules à avoir obtenu l’autorisation de reconstruire, après la guerre, et à posséder un maire élu au suffrage universel (Photo: gare de Vaux).
« Les premiers habitants sont revenus dans les années trente. Aujourd’hui, nous en recensons une dizaine, tous salariés de l’Ossuaire ou de notre café-restaurant », explique Marie-Claude Minmeister, mairesse de Douaumont et présidente du Sivom des villages détruits.
Le bourg de Vaux, 656 hectares, doit avant tout sa renaissance à la présence de sa gare. « Cette ligne ferroviaire était située à un emplacement stratégique. Lorsqu’elle était endommagée par les bombes, elle était reconstruite dans la foulée », raconte le maire Bernard Bertrand.
Dépourvue de commerces et d’artisans, Vaux compte désormais quatre-vingts habitants.
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Les villages détruits en chiffres
Beaumont-en-Verdunois : 0 habitants, 787 hectares *, 186 habitants en 1911 Bezonvaux : 0 habitant, 923 hectares, 149 habitants en 1911
Cumières-le-Mort-Homme : 0 habitant, 611 hectares, 205 habitants en 1911
Fleury-devant-Douaumont : 0 habitant, 1 011 hectares, 422 habitants en 1911
Haumont-près-Samogneux : 0 habitant, 1 081 hectares, 131 habitants en 1911
Louvemont : 0 habitant, 825 hectares, 183 habitants en 1911.
Ornes : 6 habitants, 1 852 hectares, 718 habitants en 1911
Douaumont : 10 habitants, 614 hectares, 288 habitants en 1911
Vaux-devant-Damloup : 80 habitants, 656 hectares, 287 habitants en 1911
* Les superficies indiquées incluent les forêts.
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Pour en savoir plus :
Site : www.lesvillagesdetruits.fr
Site : www.memorial-14-18.com
A lire : Sacrifiés pour Verdun, J. Laparra, Editions Connaissance de la Meuse , 17 €.
07:20 Publié dans Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.12.2007
Bienvenue !
Journaliste depuis une dizaine d’années, j'ai souvent l'occasion de découvrir et de relayer des initiatives de solidarité étonnantes, en France et à l'étranger. Grâce à ce blog, je souhaite vous faire découvrir et partager avec vous le parcours de tous ceux et celles qui ont su rebondir et s'en sortir, après un accident de vie. La parole est également donnée à toux ceux et celles qui, d’une façon ou d’une autre, mettent tout leur cœur et leur énergie pour mettre chaque jour la solidarité en pratique.
19:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Un bénévolat insolite: des nez contre les mauvaises odeurs
En Normandie et dans les Bouches-du-Rhône, des citoyens ont déclaré la guerre aux mauvaises odeurs. Grâce à leur obstination et à leur nez aiguisé, ces nouveaux Cyrano font reculer la puanteur.
Depuis 5 ans, Patrice, 57 ans, observe le même rituel. « Chaque matin, à huit heures, et le soir, à vingt heures, je sors dehors et je renifle.
S’il y a une mauvaise odeur, je l’identifie et je la note sur la fiche fournie par l’association Air normand », confie cet agent technique, membre du groupe des Nez au vent et adjoint au maire à Saint-Jean de Folleville, un bourg de 834 habitants en Normandie.
Une arme à la pointe
A quelques centaines de kilomètres de là, Eliane, femme au foyer à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, est elle aussi à l’affût.
« Depuis trois ans, je suis dérangée par des odeurs de viande pourrie et de poubelle, liées à la proximité d’un site industriel. Cette puanteur me donne des nausées et me réveille la nuit », explique Eliane qui, comme d’autres nez bénévoles, remplit chaque jour avec soin un relevé à destination de l’association Airfobep, à l’origine de cette campagne de mesure insolite.
Patrice et Eliane sont loin d’être des exceptions. Exaspérés par des émanations qui les incommodent, un nombre croissant de citoyens décident de prendre les choses en mains et de réagir, en utilisant une arme à la pointe : leur nez.
Opération Cyrano
« Aucune loi n’interdit ou ne restreint les mauvaises odeurs. Mais à ce jour, le nez reste encore le meilleur capteur qui soit pour identifier certaines molécules, présentes en faibles concentrations dans l’atmosphère », résume Céline Léger, chargée d’études à Air normand.
En 1991, cet observatoire de l’air a donné le ton, en organisant une campagne de mesure olfactive unique dans le pays, dans l’estuaire de la Seine : « l’opération Cyrano ».
Pendant un an et demi, 370 bénévoles ont humé l’air, sept jours sur sept, et noté leur gêne. Résultats à la clé.
« Leurs observations ont été communiquées à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, qui s’est chargée de sensibiliser les industriels concernés. Ces derniers ont débloqué 120 millions d’euros, pour réduire leurs nuisances », explique Céline Léger.
Une formation
pour les bénévoles
Depuis, succès oblige, l’opération a fait tache d’huile. D’autant que ces dernières années, les plaintes concernant les mauvaises odeurs ont grimpé en flèche en Haute-Normandie.
« Au total, nous avons fait appel à une centaine de nez en dix ans. Depuis 1997, nos volontaires reçoivent une formation, qui leur apprend à déterminer ce qu’ils respirent », ajoute Céline Léger.
Membre du groupe Risle aux nez, à Pont-Audemer, dans l’Eure, Marianne fait partie des stagiaires qui ont suivi ces cours.
« On m’a confié une mallette contenant 45 fioles parfumées, avec des mouillettes. En les reniflant régulièrement, j’ai appris peu à peu à les reconnaître. Depuis, je suis des séances de révision, à raison de deux heures par semaine », raconte cette chimiste de métier.
Un nez scientifique
Exit donc, les odeurs d’œufs pourris, de marée, de vinaigre, de beurre rance ou de camembert ! Cette Normande, comme les autres stagiaires, jonglent désormais avec des noms barbares, familiers des scientifiques, mais inconnus des néophytes, comme le méthyl mercaptan, le scatol, le sulfurol, le sulfure de méthyl ou l’acide butyrique.
Dans les Bouches-du-Rhône, où les nez ne reçoivent encore aucune formation, les connaissances sont malgré tout aussi solides.
« Nous sommes gênés par des odeurs de fermentation. Quand les températures varient brutalement, ou quand les brises viennent du sud-ouest, nous sommes obligés de rentrer dans la maison, tellement cela empeste ! Nous essayons de nous faire entendre depuis des années ! », regrette Marie-Françoise, nez pour Airfobep, à Lançon de Provence (photo ci-dessus).
Dom Quichotte
Certains industriels, malgré les efforts de la DRIRE , restent encore sourds ou peu sensibles aux protestations des riverains. « Parfois, j’ai un peu l’impression d’être Dom Quichotte, tempête Rémy, nez dans la même région. Depuis deux ans que je sens, les choses n’ont pratiquement pas bougé » (photo ci-dessous).
Pierre, nez à Sausset-les-Pins, a eu plus de chance. « Autrefois, c’était infernal ! Nous étions envahis par des odeurs de poisson et d’œufs pourris venant de l’étang de Berre. Mais depuis quelques mois, il y a un net mieux », estime ce retraité.
Couronnez
Les effets produits par les campagnes olfactives et la formation se révèlent même parfois inattendus. « C’est devenu un réflexe : lorsque je croise une personne qui se parfume, je cherche l’identité des molécules », sourit Marianne.
Une habitude partagée par Laurence, 45 ans, membre des Couronnez, à Hautot-sur-Seine. « Je prête davantage attention aux bonnes odeurs, comme celles du feu de bois en hiver », confie cette conseillère municipale, motivée avant tout par « l’envie de défendre l’environnement et le plaisir de se retrouver en groupe, avec des nez venus de tous les horizons professionnels. »
Air normand : 02 35 07 94 30. www.airnormand.asso.fr
Airfobep : 04 42 13 01 20. www.airfobep.org
19:45 Publié dans Initiative | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A Nantes, un épicier d'art
Rendre l’art accessible à tous et à prix raisonnable, tel est l’objectif de Claude Savinel, qui a créé à Nantes un dépôt-vente unique.
« Voilà notre petit artiste ! », lance avec tendresse Claude Savinel. En cette fin de matinée, les premiers visiteurs de la journée font leur entrée dans le dépôt-vente.
Kevin, 16 ans, remet la toile qu’il vient de peindre au maître des lieux. Quelques minutes plus tard, le tableau a déjà pris place parmi le millier de peintures, sculptures, dessins et photos exposés aux quatre coins de cette étrange caverne d’Ali Baba, aménagée dans un ancien squat, au centre-ville de Nantes.
« Ici, chacun peut exposer en toute liberté ce qu’il fait », explique Claude Savinel, 44 ans. Ce touche-à-tout a réalisé son rêve en octobre 2003, en créant ce « cabinet de curiosités » unique et chaleureux, bien loin de l’atmosphère parfois étriquée de certaines galeries artistiques.
« Tout le monde est bienvenu, précise-t-il. Qu’il soit professionnel ou artiste du dimanche ! Au total, huit cents personnes déposent régulièrement ou non une toile. Notre doyenne a 94 ans, et s’est mise au dessin il y a quelques mois. Le but est de mettre l’art à portée de tous. Ici, il est possible de s’offrir une peinture pour 1 euro. Les plus coûteuses n’excèdent pas 100 euros.»
Claude Savinel est lui-même diplômé des Beaux-Arts de Berlin. Cet autodidacte a exercé mille métiers, avant de décider de changer de vie et de lancer ce dépôt-vente, baptisé l’Epicier d’Art, où il fait bon s’attarder et bavarder, autour d’un portrait ou d’un paysage.
Pour l’heure, l’Epicier d’Art dégage un revenu d’à peine 300 euros par mois. Mais là n’est pas l’essentiel pour Claude, qui avoue gagner bien plus, au contact des autres.
« Je me souviens d’une petite mamie qui a pu s’offrir un tableau, pour la première fois de sa vie. C’était fabuleux ! Je reçois souvent des gens qui ne vont jamais au musée. Les voir contempler les toiles est ma plus belle récompense. Quoi de mieux que de rendre les gens heureux ?»
3, rue Affre, 44000 Nantes. Tél.: 06 87 14 64 12. www.lepicierdart.com
(publié dans le Pèlerin, décembre 2006)
07:05 Publié dans Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.12.2007
A Lorient, un musée éphémère au cœur des tours
L’association Idées détournées, créée en mars dernier, vient de lancer un projet inédit à Lorient. Durant plusieurs semaines, les Lorientais et les habitants du quartier de Kervenanec sont invités à décorer et à métamorphoser une tour HLM.
Cette tour sera démolie en avril prochain, dans le cadre d’un plan de réhabilitation du quartier. Vingt-deux familles vivent encore dans les quatre-vingt huit appartements de l’immeuble.
Avant sa destruction, plusieurs dizaines de personnes de tout âge auront carte blanche pour réaliser les œuvres d’art les plus diverses dans neuf logements, soit soixante lieux de création (chambres, cuisines, etc).
Ce projet est soutenu par la mairie de Lorient et l’office d’HLM Lorient habitat. Il a été imaginé par Nadine Thouvenin, une Bretonne de 46 ans.
Ce « musée éphémère » a été inauguré le 1er décembre dernier. Il restera en place jusqu’à fin mars 2008. Ce projet permettra de briser l’isolement des habitants du quartier qui, pour certains, vivent difficilement la métamorphose de leur lieu de vie et le fait d’être relogés ailleurs.
L’objectif est de permettre aux apprentis artistes de tisser des liens, en bâtissant une œuvre commune. Les élèves d’une école, les jeunes du quartier, un groupe d’autistes et les résidents volontaires d’une maison de retraite devraient participer.
Contact : Permanences le lundi, le mercredi et le vendredi. 1 rue Maurice Thorez, appartement 757, 56100 Lorient. Tél. : 02 97 83 06 72 ou 06 82 43 45 19.
07:00 Publié dans Initiative | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.12.2007
Bibliothèques sonores : un cadeau pour Noël
L’Association des donneurs de voix, qui regroupe 120 bibliothèques sonores réparties dans tout le pays, a lancé il y a quelques jours l’opération « un cadeau pour Noël ».
Jusqu’au 15 janvier, cette association qui a fêté en octobre le trentième anniversaire de sa reconnaissance d’utilité publique, invite les particuliers et les entreprises à faire un don, pour financer l’achat de lecteurs de CD, au profit de ses audiolecteurs les plus démunis.
Les bibliothèques sonores mettent actuellement plus de 350 000 ouvrages à disposition de 16 000 audiolecteurs aveugles ou malvoyants. Mais depuis trois ans, les nouveautés qui grossissent ce catalogue sont enregistrées sur des CD, qui détrônent les cassettes.
« Or, une partie de nos adhérents touchent une petite retraite, et n’ont pas les moyens de renouveler leurs lecteurs audio. Par ailleurs, la plupart des appareils en vente dans le commerce sont peu adaptés au handicap visuel », explique Jacques Roborel de Climens, trésorier national des Donneurs de voix.
Pour faire face, l’association a déniché au Canada un lecteur de CD mp3 et audio, baptisé Victor et conçu spécialement à l’intention des personnes déficientes visuelles.
Doté de touches ergonomiques, Victor, qui coûte 340 €, « parle » et indique à son propriétaire ses erreurs de manipulation. Il reprend également la lecture au point d’arrêt, lorsque ce dernier l’a interrompue, évitant ainsi de fastidieuses recherches.
Les particuliers et les entreprises sont invités à faire un don de 85 €, 170 € ou 340 €.
« Les donateurs peuvent indiquer sur leur bulletin de soutien l’audiolecteur auquel il souhaite offrir un appareil, ou la bibliothèque sonore à laquelle il désire adresser cette somme. S’ils ne le font pas, elle sera versée à la bibliothèque la plus proche de chez eux », précise Jacques Roborel de Climens.
Un reçu fiscal, permettant d’obtenir une réduction d’impôts de 66 % sur leur don, leur sera adressé.
Association des donneurs de voix : 25, rue Fresnel, BP 10034, 19101 Brive cedex. Tél.: 05 55 87 18 87 ou 01 49 73 40 53. Bulletin de soutien disponible sur le site : www.advbs.fr
10:25 Publié dans Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Création d’entreprise : des organismes à votre service
La création d'une entreprise prend parfois des allures de parcours du combattant. Des organismes sont là pour vous donner, gratuitement le plus souvent, des conseils et des coups de pouce financiers décisifs. N’hésitez pas à les solliciter !
Adie
* Fonctions : prêts et microcrédits, accompagnement à la création durant deux ans
* Public visé : Rmistes ou demandeurs d’emploi
* Entreprises concernées : tout type
* Montant, durée et taux des prêts :
- microcrédits : 5 500 € maxi, deux ans maxi, 7,98 %
- prêts d’honneur : 5 000 € maxi, taux zéro
- avances remboursables Eden
* Permanences : 380
* Contact : 0 800 800 566. www.adie.org
Réseau Entreprendre
* Fonctions : accompagnement individuel durant 2 à 3 ans, prêts d’honneur, parrainage par des chefs d’entreprise, clubs de créateurs + formations
* Public visé : tout public
* Entreprises concernées : entreprises permettant de créer au moins 6 emplois à 3 ans + ayant le besoin de financement d’une future PME (au moins 70 K€)
* Montant, durée et taux des prêts : 15 à 45 K€, 3 ans + 18 mois de différé, taux zéro
* Permanences : 38
* Contact : 03 20 66 14 66. www.reseau-entreprendre.org
France Initiative
* Fonctions : aide au montage du dossier, prêts d’honneur, suivi post-création, parrainage par des chefs d’entreprise, clubs d’entrepreneurs
* Public visé : tout type
* Entreprises concernées : tout type
* Montant, durée et taux des prêts : Montant très variable. Moyenne en 2006 : 7 300 €. 3 à 5 ans, taux zéro
* Permanences : 383
* Contact : 01 40 64 10 20. www.fir.asso.fr
France active
* Fonctions : expertise, aide au montage du dossier, parrainage durant 3 ans, garanties sur emprunts bancaires et apports en fonds propres
* Public visé : chômeurs, Structures d’insertion par l’activité économique, entreprises solidaires
* Entreprises concernées : tout type
* Montant, durée et taux des prêts : pas de prêts, mais des garanties bancaires qui permettent aux créateurs de réaliser des prêts auprès des banques.
* Permanences : 39 fonds territoriaux
* Contact : 01 53 24 26 26. www.franceactive.org
Boutiques de gestion
* Fonctions : accompagnement individuel à toutes les étapes du projet ; réseaux de créateurs, couveuses et pépinières d’entreprise
* Public visé : tout public
* Entreprises concernées : tout type
* Montant, durée et taux des prêts : pas de prêt
* Permanences : 265
* Contact : 01 43 20 54 87. www.boutiques-de-gestion.com
Fédération des Cigales
* Fonctions : Les Clubs d’investisseurs (Cigales) réalisent des prises de participation minoritaire dans le capital des entreprises.
* Public visé : tout type
* Entreprises concernées : variable en fonction des Cigales.
* Montant, durée et taux des prêts : pas de prêt
* Permanences : aucune, mais 82 Cigales actives
* Contact : 01 49 91 90 91. www.cigales.asso.fr
France Angels
* Fonctions : au sein de réseaux locaux, mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs (business angels), prêts à entrer dans le capital de l’entreprise.
* Public visé : tout public
* Entreprises concernées : innovantes à fort potentiel de croissance
* Montant, durée et taux des prêts : pas de prêts
* Permanences : une quarantaine de réseaux locaux
* Contact : 01 44 82 77 77. www.franceangels.org
Racine Clefes
* Fonctions : réseau formé de Clefe, Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent. Les Clefe octroient prêts et conseils.
* Public visé : femmes créatrices
* Entreprises concernées : tout type
* Montant, durée et taux des prêts : montant moyen 3 000 €, 2 ans en moyenne, taux fixé en commun accord entre la créatrice et le Clefe
* Permanences : aucune, mais 36 Clefe
* Contact : 01 45 43 19 99. www.racines-clefe.com
07:35 Publié dans Création d'entreprise, Pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.12.2007
Des bourses pour les jeunes globe-trotters
Vous vous sentez l’âme d’un aventurier, et l’envie de voyager et d’être utile aux autres vous titille ? Plusieurs bourses permettent chaque année à des dizaines de jeunes sans le sou de réaliser leurs rêves, en France ou à l’étranger. Pourquoi pas vous ?
Guilde européenne du raid
1. Bourses expé
Type de projets : Montagne, randonnée, trekking, descente de canyon, traîneau à chien, ski pulka, spéléo.
Conditions : Les expéditions devront être réalisées entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009.
Age : Majeurs, âgés de moins de 30 ans, ou dont la moyenne d’âge des équipiers ne dépasse pas 30 ans (des exceptions pour les projets spéléo).
Montant : 8 500 € en espèces et 12 000 € en équipement.
Dépôt des dossiers : juin 2008
Plus d’infos : www.expe.net/bourses
2. Bourses SPB de l’aventure
Nature du projet : Il présentera un caractère d'aventure sportive ou d’exploration, de par l'objectif ou les moyens utilisés (pas de compétitions).
La réalisation du projet devra débuter en 2008 et être terminée courant 2009. Le projet se déroulera sur une durée maximum d’un an.
Age : à partir de 18 ans.
Montant des bourses : une dotation globale de 20 000 € répartie en 5 à 7 projets maximum.
Dépôt des dossiers : 31 mars. Résultat : fin mai.
Pour en savoir plus : www.la-guilde.org
3. Les dotations des solidarités nord-sud
Créées en 1983 par la Guilde et soutenues par le ministère des Affaires étrangères (Mission de coopération non gouvernementale) ainsi qu’une dizaine de partenaires privés.
Type de projets : Ces dotations sont destinées à soutenir des projets associatifs de solidarité internationale (les dotations ne s’adressent pas aux chantiers de jeunes, aux voyages ou aux missions ponctuelles à caractère humanitaire).
Conditions : Les porteurs de projets doivent justifier de leur capacité à démarrer l’action à la période correspondant à la session à laquelle ils participent. Sauf cas exceptionnel, un même projet ne peut être présenté à deux sessions consécutives.
Age : à partir de 18 ans.
Montant : 1 500 à 7 500 €.
Dépôt des dossiers : 2 jurys par an.
Pour en savoir plus : www.la-guilde.org
Déclic Jeunes
Dotation : 20 bourses de 7 600 €.
Pour qui : Pour les jeunes de 18 à 30 ans qui souhaitent suivre leur vocation, en développant un projet ou en poursuivant une recherche dans les domaines culturel, artisanal, scientifique, environnemental, humanitaire ou social.
Critères : Les candidats doivent mettre en évidence leur vocation, et présenter les preuves qui démontrent l’état d’avancement de leur projet (expositions, concerts, publications, conférences, etc). Ils sont jugés sur l’originalité et le caractère altruiste de leur initiative.
Inscription : Pour recevoir un dossier d’inscription, remplir le questionnaire de présélection en ligne sur le site : www.fdf.org
Défi Jeunes
Dotation : Prix régionaux pouvant atteindre 1 600 € pour les 15-17 ans, et de 1 600 à 8 500 € pour les 18-28 ans. Prix nationaux de 3 000 € attribués aux meilleurs projets réalisés.
Pour qui : Les jeunes de 15 à 28 ans qui soutiennent un projet individuel ou collectif, dans le domaine culturel, social, humanitaire, écologique, sportif, scientifique et technique ou économique. Cette initiative doit présenter un caractère de défi pour soi, d’utilité sociale et d’innovation.
Critères : Les candidats doivent préparer un dossier complet, avec un plan de financement, puis le défendre devant un jury. Ils doivent aussi justifier d’au moins deux parrainages en espèces ou en nature, représentant au minimum 30% du montant du prix.
Pour en savoir plus: www.defijeunes.fr
Concours régional Envie d’agir
Organisme : Ministère de la Jeunesse et des Sports
Type de projets : Ce concours concerne les projets plus
structurés ayant un impact sur le projet de vie du jeune
et souvent une visée professionnelle.
Conditions : Trouver au moins 30% du montant
demandé auprès de d'autres partenaires.
Age : 15 à 28 ans.
Montant : de 1 600 à 8 500 €.
Dépôt des dossiers : Jusqu’à trois jurys par an.
Pour en savoir plus : www.enviedagir.fr
Concours national Envie d’agir
Organisme : Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Type de projets : dans tous les domaines.
Age : 11 à 30 ans.
Dépôt des dossiers : mi-mai.
Montant : plusieurs centaines au niveau régional (de 500 à 1 000 €), dizaines au niveau national (2 000 €) et quelques-unes au niveau européen.
Pour en savoir plus : www.enviedagir.fr
Bourses Zellidja
Dotation : Une soixantaine de bourses de 600 à 1.000 € chaque année.
Pour qui : Les jeunes de 16 à 20 ans, qui souhaitent accomplir seuls un voyage d’un mois minimum.
Critères : Avant de partir, il faut présenter un projet d’étude sur le pays et le thème de son choix, en détaillant ses motivations, son itinéraire, ses contacts à l’étranger et le budget dont on dispose. A son retour, le boursier doit remettre un carnet de voyage, un rapport d’étude et le détail de ses dépenses. Les auteurs des vingt meilleurs dossiers gagnent un second voyage, d’une valeur maximale de 1.300 €.
Pour en savoir plus : www.zellidja.com
Bourses Paris jeunes aventure
Dotation : Octroyées par la Mairie de Paris, ces bourses d’un montant de 760 € à 7.600 € ne peuvent pas excéder 75 % du budget prévisionnel du projet.
Pour qui : Les jeunes de 16 à 28 ans qui habitent, étudient ou travaillent à Paris, et qui ont un projet individuel ou collectif dans le domaine sportif, culturel, scientifique, humanitaire ou documentaire.
Critères : L’expédition, qui peut se dérouler dans n’importe quel pays, doit débuter dans l’année, et s’achever dans les deux ans à compter de la date limite du dépôt du dossier. Les participants doivent prévoir pour avant et/ou après leur voyage un minimum de trois animations (au choix photographie, dessin, conte, expositions, diaporama, etc).
Pour en savoir plus : www.abm.fr
Fondation Hulot
Dotation : « Coups de pouce » de l’ordre de 100 à 500 €. 2 000 à 3 000 € pour les bourses.
Pour qui : Particuliers ou membres d’associations de tout âge, qui réalisent durant l’année scolaire en cours un projet dans le domaine de l’éducation à l’environnement. Ces initiatives doivent être centrées autour des thèmes de la biodiversité, de l’eau, de l’éco-citoyenneté et du développement durable.
Critères : Les lauréats s’engagent à fournir un compte-rendu de leur projet, illustrant leur action sur le terrain, et à participer à la demande de la Fondation aux manifestations d’information destinées à présenter leur initiative au grand public.
Pour en savoir plus : www.planete-nature.org
Cette liste est loin d’être exhaustive. Plusieurs entreprises et collectivités locales octroient elles aussi régulièrement des bourses. Pour connaître la liste et les dates d’inscription et de retrait de dossiers, RV sur le site de la Guilde européenne, onglet « bourses 2008 ». www.la-guilde.org
07:00 Publié dans Etranger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pratique
18.12.2007
Des cours de cuisine itinérants
Au volant de sa cuisine mobile, Céline Montezin sillonne la région de Bordeaux, pour enseigner la diététique et les bonnes pratiques alimentaires aux personnes en difficulté.
Avec son cuisinier peint en orange sur ses portes blanches, la cuisine mobile de la Banque alimentaire de Gironde ne passe pas inaperçue.
Depuis septembre 2005, cette camionnette écume les bourgs et les quartiers sensibles de la région bordelaise. « L’idée est née quelques mois plus tôt, lorsque nous nous sommes rendus compte que les personnes qui bénéficiaient de colis alimentaires avaient tendance à manger trop gras et trop sucré, et à bouder certains légumes, comme le fenouil ou l’asperge », explique Céline Montezin, responsable du projet.
Chaque jour, cette jeune femme de 29 ans titulaire d’un diplôme de conseillère en économie sociale prend le volant, pour se rendre au siège de l’une des cent trente associations membres de la Banque alimentaire.
Pendant une matinée, elle transmet à un petit groupe de volontaires les bases d’une cuisine saine et équilibrée. « Il ne s’agit pas d’en faire des cordons bleus, mais de les aider à redécouvrir le plaisir de mijoter des mets sains », résume Céline.
Soupe de champignons, navets poêlés, mousse de betterave ou fruits pochés : cette dernière n’est jamais à court d’idées, pour éveiller l’appétit de ses convives. Autour de la grande table, les soucis s’envolent bien vite : les apprentis cuisiniers bavardent et échangent de bon cœur leurs recettes. « Quand ils ont terminé, nous partageons le repas ensemble », ajoute Céline.
Mais pour beaucoup, la cuisine itinérante offre bien plus qu’un simple cours. « Je me souviens d’une femme de 47 ans, sans emploi et mère de sept enfants. Ces échanges lui ont permis de retrouver le sourire. Nous avons aussi reçu un homme, qui venait d’être quitté par sa femme. Il n’avait jamais cuisiné de sa vie. En quelques leçons, il a appris à se débrouiller ! ».
Banque alimentaire de Gironde : ZI Alfred Daney, rue Bougainville, 33300 Bordeaux. Tél.: 05 56 43 10 63.
06:50 Publié dans Initiative, Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.12.2007
Jean-Claude Lebeaupin, pédicure bovin
En 1990, Jean-Claude Lebeaupin s’est lancé dans l’élevage de vaches charolaises, en Saône-et-Loire. Mais en 2002, la crise de la vache folle le contraint à vendre ses bêtes.
« Lorsque j’étais enfant, mon père était ouvrier dans une grande ferme. J’adorais regarder travailler les pareurs. Leur activité consiste à tailler les onglons des vaches et des taureaux qui boitent, et à les préparer, avant les concours de beauté. J’ai décidé d’apprendre ce métier », confie Jean-Claude.
A 55 ans, il s’inscrit au CFPA de Rennes, le seul centre à dispenser une formation de pareur dans le pays. Il décroche son certificat haut la main, en juin 2005. Mais le jeune diplômé n’a plus un sou. Il lui faut un crédit.
« Mon banquier était d’accord pour me prêter 8 000 €, à condition que je souscrive une assurance. Il y a vingt-sept ans, j’ai été déclaré invalide première catégorie, parce que j’étais alcoolique. A cause de cela, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un courtier qui accepte de m’assurer », regrette Jean-Claude.
Ce dernier déniche enfin la perle rare. Son prêt en poche, il achète une cage de contention, pour immobiliser les bêtes pendant ses soins. Son frère lui fait cadeau d’une voiture. Jean-Claude prend contact avec les vétérinaires de sa région et écume les salons et les foires aux bestiaux, pour trouver des clients.
Le bouche à oreille joue très vite. « Les éleveurs savent que je suis passionné par la race charolaise depuis toujours », confie le pareur. Aujourd’hui, il gagne l’équivalent d’un Smic et intervient dans les fermes de l’Allier et de Bourgogne. « Quand une vache gagne un concours de beauté, grâce à mon aide, je suis le plus heureux des hommes ! ».
Jean-Claude Lebeaupin : 06 71 62 12 98
07:00 Publié dans Création d'entreprise, Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


