28.05.2008

Des lycéennes réalisent un CD en hommage aux poilus

 

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« Ce soir, je suis tout frissonnant de tendresse. Je pense à vous. Je me vois seul. Loin de tous ceux dont mon cœur tendre a tant besoin ». En octobre 1914, blotti dans les tranchées, le soldat Marcel Rivier confiait en ces termes son désarroi, dans une lettre destinée à « sa bien-aimée ».

Comme lui, de nombreux poilus ont entretenu durant la grande guerre une correspondance épistolaire avec leurs proches.

Bouleversées par ces récits, sept élèves en Première littéraire à la cité Paul Scarron, à Sillé-le-Guillaume, un bourg de 2 585 habitants dans le pays de la Haute Sarthe , ont décidé de rendre hommage à ces combattants de l’ombre, en rassemblant sur un CD huit témoignages.

Durant l’année scolaire 2006-2007, ces lycéennes ont réfléchi sur les textes en classe, avant de les enregistrer, dans les studios de la radio associative Fréquence Sillé, située depuis 1991 dans l’enceinte de l’établissement public. Intitulé Lettres de Poilus, le CD vient de sortir, à l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice de 1918 *.

« Les textes que nous avons étudiés sont extraits du livre Paroles de poilus, un recueil de lettres récoltées il y a quelques années par l’écrivain Jean-Pierre Guéno auprès des familles de soldats. Chaque élève a choisi une lettre qui la touchait », explique Marie Bourgeon, professeur de français à l’initiative du projet avec Evelyne Poincheval, responsable de l’atelier de technique vocale à la cité scolaire.

Pour les jeunes filles, cette leçon d’histoire s’est révélée à la fois émouvante et instructive. « Je savais que les poilus avaient vécu l’enfer, sans mesurer à quel point. Ces soldats obéissaient aveuglément aux ordres, sans en comprendre toujours le sens. Mais le plus frappant, c’est qu’on ne perçoit aucune haine dans leurs propos. Malgré leur découragement et les horreurs dont ils étaient témoins, on sent chez eux une vraie soif de vivre. Ils n’ont jamais cessé d’espérer revoir  un jour les leurs, alors qu’aucun n’a survécu », explique Emilie Drouet, 18 ans.

Des témoignages poignants et universels en forme d’hymne à la vie, au cœur de la guerre.

* Lettres de poilus, L’Harmattan- Fréquence Sillé, 10 €.

 

20.05.2008

Le village des boîtes aux lettres

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Depuis 1997, le bourg de Saint-Martin d’Abbat, près d’Orléans, a des allures de galerie d’art à ciel ouvert.

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Chaque année, une partie des 1 520 habitants décorent et personnalisent leurs boîtes aux lettres.

Réplique en pierres de l’église du village, moulin à vent en bois, girouette en forme de feuille, pantin malicieux ou personnages de bande dessinée : au total, 200 boîtes aux lettres, métamorphosées par les villageois, sont actuellement livrées à la curiosité des promeneurs.

« Une vingtaine sont créées chaque année. La plupart des familles qui emménagent sur la commune en fabriquent une, dès leur arrivée », explique Michel Lafeuille.

Cet ancien consultant parisien, aujourd’hui retraité, est à l’origine de cette exposition permanente insolite. « Quand j’ai commencé à fréquenter le bourg, en 1996, il ne comptait aucun équipement culturel. J’ai décidé de proposer au maire un projet, pour fédérer les habitants et développer une véritable identité locale. Inciter les Abbatiens à personnaliser leurs boîtes aux lettres semblait à la fois simple et fédérateur », résume Michel Lafeuille.

Au printemps 1996, ce dernier créé l’Association Saint-Martin d’Abbat demain, chargée de mobiliser les villageois. Le succès est immédiat. Une trentaine de boîtes aux lettres sont personnalisées en quelques mois.

Les pompiers, l’harmonie communale, la mairie et l’école publique participent. Les plus belles œuvres sont récompensées lors d’un concours organisé, depuis, chaque année.

« Pour les Abbatiens, les boîtes aux lettres sont devenues un signe d’appartenance fort à la commune. Elles ont permis à des habitants, qui ne s’étaient jamais adressé la parole avant, de nouer de solides amitiés », ajoute Michel Lafeuille.

Il y a deux ans, cet artiste a franchi une étape supplémentaire, en organisant à Saint-Martin d’Abbat le premier « festival » national des boîtes aux lettres.

La 3e édition, prévue du 26 juillet au 4 août prochain, sera rythmée par « la tournée du facteur » - une visite guidée à travers le village - par une exposition et des animations théâtrales. Les visiteurs et les habitants seront invités à désigner les plus belles boîtes.

Tél.: 06 87 24 00 70. Site : www.letterboxvillage.com

 

18.05.2008

Une vache dans votre portefeuille

Marre de la bourse, de la pierre ou du livret d’épargne ? Investissez dans la vache laitière ! Une société vous propose d’empocher des bénéfices bien réels, en constituant votre propre troupeau.

 

Le principe

Vous achetez une ou plusieurs vaches laitières Prim’Holstein et vous les confiez à la société Elevage et patrimoine. Cette dernière délègue la gestion de votre cheptel à la société Gestel, qui les loue pour vous à l’un des 800 éleveurs sélectionnés et répartis dans « le fer à cheval laitier », c'est-à-dire du Pays Basque à l’Aveyron, en passant par la Bretagne et la Normandie. Ce système astucieux a été lancé par Gestel, en 1971. Il s’inspire des contrats de « Gazaille », qui existaient dès le XIIIe  siècle. Il offre un double avantage : il vous permet de diversifier votre patrimoine, et à l’éleveur locataire de renforcer sa trésorerie.

Deux options possibles

Une fois votre troupeau constitué, vous devez choisir entre deux possibilités. L’option « produit annuel », qui consiste à vendre chaque année les génisses qui vous reviennent. Ou l’option « croît du troupeau », qui consiste à garder vos vaches pour accroître naturellement votre cheptel, grâce aux naissances de génisses, et le revendre, partiellement ou totalement, plus tard. Selon Gestel, le taux moyen de croissance en génisses d’un troupeau de dix vaches, variable selon les années, est proche de 0,420 par an.

Combien de vaches acheter ?

Une vache coûte 1 236 € *, auxquels s’ajoutent 125 € de frais d’enregistrement, quel que soit le nombre de bêtes acquises. Vous êtes libre d’acheter à votre rythme et quand vous le souhaitez le nombre de vaches de votre choix. Aujourd’hui, 1 100 propriétaires investisseurs se partagent un cheptel de 30 000 vaches. 70 % possèdent entre 10 et 20 bêtes.

Un cheptel qui « ne s’use pas »

Lorsque vous l’achetez, chaque vache est âgée d’au minimum 27 mois, âge à laquelle elle peut donner naissance à son premier veau. Les vaches qui arrivent en limite d’âge et sont trop vieilles pour vêler sont automatiquement remplacées. L’âge de votre cheptel reste ainsi constant. Comme si vous achetiez un appartement qui resterait dans le même état au fil des années et pour lequel les frais d’entretien seraient nuls.

L’option produit annuel

Si vous achetez 10 vaches, avec l’option « produit annuel », votre investissement total s’élève à 12 485 € (1 236 x 10 + 125 €). Aujourd’hui *, les génisses sont valorisées à 1 062 € pièce. Si le taux de croissance moyen annuel de votre troupeau en génisses est de 0,420, votre bénéfice atteindra 446,04 €, à partir de la 3e année (1 062 x 0,420 = 446,04 €).

Si le taux de croissance et la valorisation restent inchangés, vous empocherez également 446,04 € la 4e année, 446,04 € la 5e année, 446,04 € la 6e année, etc.

Au bout de 10 ans, si vous revendez la totalité de votre cheptel, votre bénéfice s’élèvera à 2 695,70 €.

(446,04 x 7) + (10,84 x 1 236 - 10 %) = 15 180,70 - 12 485 = 2 695,70 €.

Vous ne serez pas imposé sur cette plus-value.

L’option croît du troupeau

Si vous achetez 10 vaches, avec l’option « croît du troupeau », votre investissement total s’élève à 12 485 € (1 236 x 10 + 125 €). Si le taux de croissance moyen annuel de votre troupeau en génisse est de 0,420, votre cheptel comptera 14,165 vaches au bout de 10 ans.

Aujourd’hui *, les génisses sont valorisées à 1 062 € pièce. Si vous vendez la totalité de votre cheptel l’année 10, vous empocherez 15 757,15 € (1 236- 10 %)  x 14,165 = 15 757,15 €.

Votre gain total au bout de 10 ans sera donc de 3 272,25 € (15 757,15-12 485 = 3 272,25 €).

Vous ne serez pas imposé sur cette plus-value.

* Valeur en novembre 2007.Site : www.gestel-sa.com

 

16.05.2008

Peace and lobe contre les risques auditifs

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Entre 15 et 19 ans, plus du tiers des jeunes (36,4 %) écoutent chaque jour de la musique avec un baladeur. Parmi eux, un sur quatre (27,5 %) met le volume fort ou très fort. Lorsqu’ils vont au concert, 71,9 % des 15-30 ans n’utilisent aucune protection auditive.

Or, plus de la moitié (57 %) ont déjà ressenti des troubles et effets sur leur audition, comme des bourdonnements ou sifflements dans les oreilles, à la sortie d’une discothèque *.

« Les consultations pour des troubles auditifs sont de plus en plus précoces. Or, peu d’adolescents sont conscients des dangers qu’ils courent », explique Yann Menot, responsable de l’activité promotion de la santé en Ille-et-Vilaine pour la Mutualité française Bretagne.

En février 2006, cette dernière a lancé une tournée musicale baptisée Peace and lobe, en partenariat avec huit structures de musique actuelle bretonnes.

Depuis, ce concert pédagogique de prévention contre les risques auditifs liés à la musique amplifiée a attiré plus de 8 400 collégiens et lycéens, en Bretagne. « Le concept a été créé à la fin des années quatre-vingt-dix, en Haute-Garonne. Nous l’avons adapté pour en faire une création ludique, qui informe les jeunes en évitant un ton moralisateur », ajoute Yann Menot.

Sur scène, les membres du trio Lugo, choisi sur casting parmi une vingtaine de groupes, alternent chansons, mime, théâtre et sketchs durant deux heures.

« Le fait d’être musiciens nous rend plus crédibles auprès des jeunes, qui partagent la même passion que nous. Nous mêlons sérieux et humour. Par exemple, nous mimons les molécules d’air, pour symboliser le son. Pendant ce temps, un schéma scientifique projeté en arrière-plan permet aux spectateurs de visualiser ces molécules », résume Cédric Guyomard, le chanteur et guitariste de ce groupe pop, basé à Rennes.

Le spectacle évoque ainsi tour à tour le fonctionnement de l’oreille, la nature des risques auditifs liés aux musiques amplifiées, et les différents moyens pour s’en protéger. Un livret pédagogique, remis aux enseignants, permet d’approfondir le travail en classe. La tournée Peace and lobe est programmée jusqu’en décembre prochain, en Bretagne.

* Enquête Journée nationale de l’audition, février 2006.

Prochains concerts : les 3 et 4 juin au Centre des arts de Pontivy. Tél.: 02 23 44 02 81.

03.05.2008

Des livres et des hommes (3)

Michèle Reverbelle-Dalmasso est "éveilleuse d'écriture". Durant des années, cette femme de 63 ans a parcouru le pays à la rencontre de différents publics, pour leur faire partager sa passion du livre et des écrits, sous toutes leurs formes.

Depuis quelques années, elle a choisi de se poser dans le petit bourg de Flaux, 310 habitants, à 7 km d'Uzès dans le Gard. Et bien entendu, il n'était pas question pour cette passionnée de renoncer à transmettre son amour de la culture.

Le 28 avril 2007, Michèle Reverbelle a donc ouvert la première bibliothèque du village. Installé dans des locaux municipaux, à l'ntérieur du château, cet endroit chaleureux et lumineux surplombé de voûtes en pierre constitue désormais l'un des derniers lieux de rencontres dans ce bourg, qui ne compte plus aucun commerce.

165 lecteurs, dont 53 enfants, y sont aujourd'hui inscrits. A leur disposition, 4 000 livres, récupérés par la responsable des lieux lors de ses nombreux voyages en France.

Mais Michèle Reverbelle-Dalmasso, adjointe à la culture depuis les dernières élections, est catégorique : la bibliothèque représente bien plus qu'un simple lieu d'accès la culture, fut-il important.

"Ici, les gens viennent se rencontrer pour parler de tout et de rien. Des dames retraitées apportent des gâteaux, et se retrouvent pour prendre un café et échanger les dernières nouvelles. Parmi elles, certaines n'avaient jamais mis les pieds dans une bibliothèque de leur vie", explique Michèle.

Un coin écriture, avec des encriers, a été mis à disposition du public. "Les personnes âgées montrent aux plus jeunes la manière de s'en servir. Certaines se proposent également pour raconter des histoires aux 20 élèves de l'école", ajoute-t-elle.

A la bibliothèque, nul problème de paperasses ou de formalités administratives. Les prêts sont gratuits et enregistrés sur des fiches en papier. "On marche beaucoup à la confiance, sourit Michèle Reverbelle-Dalmasso. La bibliothèque est un peu l'âme du village. Les personnes qui la fréquentent échangent leurs idées. Elles parlent déjà de mettre en place d'autres activités, comme le bricolage ou la couture".

 

 

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