18.02.2009

«Il faut un système sur mesure pour les jeunes»

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Lu dans Libération le 16 février :

"Martin Hirsch est haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, à la jeunesse et à la vie associative. En première ligne donc, en ces temps de crise et de révolte.

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Comment apporter des réponses concrètes aux angoisses actuelles ?

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A mes yeux, les mesures anticrise doivent rester ciblées sur les plus vulnérables qui subissent le choc de l’emploi et le contrecoup sur leurs revenus. Un exemple concret : rapidement réguler le crédit revolving et mieux prévenir le surendettement (…).

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Vous pensez au plan de sauvetage des banques ?

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Ne pas laisser s’écrouler les banques, c’est une décision qui se prend en douze ou vingt-quatre heures. Et soutenir l’emploi par les investissements, c’est nécessaire. Mais il faut impérativement que l’on sente le changement concret que ces investissements peuvent avoir sur ceux qui n’arrivent plus à trouver leur place sur le marché de l’emploi.

Par exemple, je souhaiterais que, sur les 1 000 projets retenus dans le plan de relance, on puisse vite, pour plusieurs d’entre eux, trouver un moyen de prérecruter des jeunes pour qu’ils soient formés - et payés - afin que, au moment où le chantier commence, on ait déjà, dans chaque département, un noyau de gens formés et prêts à travailler.

Il faut savoir mettre la charrue devant les bœufs, faire en sorte que, parmi les jeunes dont le taux de chômage est le plus élevé, il puisse y avoir un système sur mesure, avec formation et revenu assurés, et probabilité d’embauche dans le cadre du plan de relance 5...)

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Quand vous proposez ça au gouvernement, on vous dit quoi ?

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Que ce n’est pas idiot, mais compliqué et qu’il ne faut pas monter des usines à gaz, et surtout qu’il ne faut pas faire naître de faux espoirs. Je suis d’accord… et donc prêt à démontrer que l’on peut faire simple sans tarder (…).

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Vous êtes monté au créneau pour réclamer que Total, avec ses profits, participe à l’effort général. Ça veut dire quoi ?

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Cela fait un moment que je dis aux entreprises que leur implication dans le social est plus faible que dans les autres pays. Je suis en train de monter avec HEC un enseignement sur Entreprise et pauvreté que je coparraine avec Muhammad Yunus [dit «le banquier des pauvres», Prix Nobel de la Paix 2006, ndlr]. Dans ce cadre, le 7 mars, nous organisons avec les dirigeants de Danone, Carrefour et Schneider Electric une journée de travail sur le social business, les initiatives sociales, la création de fonds de dotation destinés à soutenir des actions sociales en France et à l’étranger. Mon appel du pied à Total n’était donc pas fait dans le vide. Il faut responsabiliser les entreprises sans les culpabiliser (…)".

 

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