22.03.2009

A Angers, les détenus entrent dans la danse

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Les détenus, héros ou anti-héros ? Tel est le thème du projet culturel lancé en 2006 à la maison d’arrêt d’Angers.

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A l’initiative de l’Association de soutien et de développement de l’action socioculturelle et sportive, située dans la prison, trois cents hommes ont pris part durant deux ans à une vingtaine d’ateliers de sensibilisation à la danse contemporaine, à la poésie, à la sculpture, à la photographie, au théâtre ou à la peinture.

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« Les personnes incarcérées ont parfois tendance à se croire toutes-puissantes ou à se victimiser. Nous leur avons proposé de réfléchir et de s’exprimer sur les mythes et héros dans diverses civilisations, sur la prise de risque et la mort, la famille, le rôle du père ou la place de chacun dans la société », explique Evelyne Roger, animatrice à l’origine du projet.

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Les prévenus volontaires ont réalisé leurs « portraits imaginaires », en se photographiant. Ils ont effectué leur autoportrait, lors de séances de modelage et de dessin.

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Leurs travaux ont donné lieu récemment à une exposition, à la bibliothèque de la ville, et à un livre intitulé Autofictions (1). Lancés il y a neuf ans avec le soutien du Centre national de danse contemporaine d’Angers, les ateliers de danse se sont soldés par une création, « Portraits paysages », imaginée par la chorégraphe Nathalie Béasse et jouée devant les autres détenus.

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« Ces ateliers leur ont permis de couper avec l’univers carcéral. La danse représente une ouverture vers le monde extérieur et un exutoire, qui permet à certains d’exprimer avec leur corps ce qu’ils ne parviennent pas à dire avec des mots. Elle les aide à porter un regard plus positif sur eux-mêmes », confie Evelyne Roger, qui planche désormais sur nouveau projet.

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D’ici quelques mois, les détenus entameront l’écriture et la mise en scène d’une pièce de théâtre d’ombres. « Certains ont peu de contacts avec leurs enfants. Avec ce texte écrit en commun, ils pourront jouer tout ce qu’ils n’ont jamais pu ou osé leur dire », résume Evelyne Roger. Le résultat sera filmé et projeté à leurs familles.

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(1). Autofictions, 32 p., Setig-Palussière. Livre disponible auprès de l’association : BP 34134, 49041 Angers cedex 01.

 

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