14.12.2007
Sophie Engrand. Pour l'amour du patchwork

Avec ses tissus chatoyants sagement rangés dans un vieux vaisselier en bois, ses machines à coudre et ses murs ornés de patchworks, l’atelier Bayadère, à Segny (01), affiche des allures de caverne d’Ali Baba.
C’est là, dans un magnifique corps de ferme rénové, près de la frontière suisse, que Sophie Engrand, 45 ans, enseigne depuis quatre ans le patchwork, la couture et la décoration textile aux adultes et aux jeunes âgés de six à seize ans.
« Nous confectionnons des sacs, des plaids, des tabliers ou des trousses. Tout est possible ! Les enfants s’inscrivent à l’année, mais peuvent également inviter leurs camarades à une séance unique, pour leur anniversaire », raconte Sophie. Cette passionnée dispense ses cours quatre jours par semaine. Le reste du temps, elle créé des accessoires de mode en piécé, et les vend sur place.
« Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère m’a transmis le virus de la couture, en m’offrant une machine à coudre. Pendant longtemps, j’ai habillé mes deux fils, Gauthier et Thibaud, de pied en cap. Quand ils sont devenus grands, j’ai décidé de créer mon entreprise, pour transmettre à mon tour ma passion », résume Sophie.
Femme au foyer depuis toujours, cette dernière n’a jamais exercé de métier de sa vie. Qu’à cela ne tienne ! En décembre 2002, elle s’inscrit à la Chambre des métiers de Haute-Savoie, pour suivre un stage de création d’entreprise.
En quête d’un pas-de-porte, Sophie déniche par hasard les locaux de son futur atelier, et signe un bail de deux ans, pour un loyer de 500 euros par mois. Elle finance de sa poche trois machines à coudre. Elle prend son courage à deux mains, et réalise des centaines de prospectus, qu’elle distribue dans les boîtes aux lettres et les commerces du coin.
En janvier 2003, l’atelier Bayadère accueille ses premiers élèves. Depuis, il ne désemplit pas. « Il ne faut pas compter ses heures !, confie Sophie. Mais voir les gens rester fidèles d’une année à l’autre est la plus belle des récompenses. »
Atelier Bayadère : 19, rue des Rosselets, 01170 Segny. Tél. 04 50 41 05 52. Internet : www.atelierbayadere.com
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12.12.2007
Michèle Dupont. Atout’âge au service des seniors
Il y a quatre ans, Michèle Dupont a perdu son poste de directrice d’un centre social, à la suite d’un licenciement économique. Cette battante de 56 ans a décidé de rebondir, en créant en novembre 2004 l’association Atout’âge, à Cachan, dans le Val de Marne.
L’objectif : mettre en relation des étudiants, à la recherche d’un toit, avec des seniors prêts à leur prêter une chambre, en échange de menus services (sortir le chien, faire les courses, etc).
« L’idée m’est venue en regardant un reportage sur le logement intergénérationnel en Espagne. En France, de nombreuses personnes âgées souffrent de solitude. Les loyers sont si élevés que les jeunes ne peuvent plus se loger. J’ai décidé de lancer en région parisienne le même service, qu’en Espagne », explique Michèle.
Durant des mois, elle prend contact avec les collectivités locales et les associations de retraités, pour faire connaître son idée. « J’ai rencontré des centaines de personnes. Car les seniors sont difficiles à convaincre. Pour gagner leur confiance, il faut leur parler de vive voix et s’appuyer sur des organismes reconnus », confie Michèle.
Cette dernière dépose un dossier de demande de subvention auprès du Conseil régional d’Ile-de-France, pour créer son propre emploi tremplin. « Ces aides sont notamment destinées aux chômeurs de moins de 27 ans ou de plus de 45 ans, qui créent leur activité ». C’est le jackpot : Michèle obtient 15 000 € de subventions par an, pendant six années. Séduit, le Conseil général du Val de Marne s’engage aussi, à hauteur de 8 000 € par an.
Aujourd’hui, Michèle empoche un revenu mensuel de 2 000 € par mois, et vient de réaliser sa première embauche. Elle est confiante pour l’avenir. « J’espère conclure trente contrats entre jeunes et seniors d’ici la fin de l’année. »
Atout’âge : 01 47 46 08 64. Internet : www.atoutage.net
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11.12.2007
Les délices d’Ile Ré Elle
Il y a trois ans, Annick Delalleau a ouvert Ile Ré Elle, une épicerie de produits régionaux, sur l’île de Ré. Une reconversion en beauté pour cette ancienne coiffeuse, passionnée par son nouveau métier.
« Devenir épicière, c’était un rêve de gamine ! Petite, j’étais très gourmande. Ma boutique, c’est un peu la caverne d’Ali Baba. On y trouve du miel, des confitures, des sablés et du vin, tous produits sur l’île. J’y ai placé des bocaux remplis de friandises, comme autrefois. Je vends mon sel au détail, en le conservant dans des tonneaux », explique Annick Delalleau. Située au village du Bois Plage, sur l’île de Ré, l’épicerie Ile Ré Elle a pendu la crémaillère en avril 2003.
« En 1993, j’ai été victime d’un accident de voiture. J’ai dû abandonner mon métier de coiffeuse. Mais cela a été aussi un déclic ! A 53 ans, j’ai osé me lancer dans le métier dont j’avais rêvé ! », se réjouit Annick. Après plusieurs années de chômage, cette battante a en effet décidé de se retrousser les manches. « J’ai commencé par peindre de petits objets sur les marchés, comme artiste libre. Puis j’ai eu l’idée de vendre des spécialités régionales, dans des emballages décorés. »
En janvier 2000, Annick se jette à l’eau, en créant son entreprise individuelle. « Je n’avais pas un sou de côté. J’ai donc fait appel à l’Adie, une association qui aide les chômeurs à monter leur société. Deux mois après, j’ai obtenu un prêt de 2 000 € ». La jeune chef d’entreprise, qui éprouve des difficultés à soulever une charge depuis son accident, décroche également une aide de 6 000 € de l’Agefiph, un organisme de soutien pour les personnes handicapées.
« J’ai acheté et aménagé une camionnette d’occasion, pour faire les marchés. Peu à peu, je me suis fait connaître, en vendant mes produits. En même temps, j’ai commencé à chercher un local, pour ouvrir une vraie boutique », explique Annick. Ses efforts sont récompensés, en février 2002. « Des amis m’ont avertie qu’un pas de porte se libérait, près de chez moi. Le loyer était de 1 000 € par mois. Aucune caution n’était exigée. J’ai sauté sur l’occasion ! », confie-t-elle.
Un nouveau prêt de l’Adie lui permet d’aménager sa boutique, avec l’aide de son mari bricoleur, de constituer un stock de marchandises et un fonds de roulement, pour assurer sa trésorerie. « J’ai aussi installé un petit atelier, dans un recoin du magasin, pour réaliser mes peintures et mes décorations devant les clients. »
Depuis, le succès est au rendez-vous : ouverte six mois sur douze, Ile Ré Elle a vu son chiffre d’affaires augmenter de 10 % au printemps dernier. « Pendant les six autres mois de l’année, je continue à vendre sur les marchés, sourit Annick. Aujourd’hui, l’entreprise me permet de tirer un revenu proche du Smic. Mais elle m’a apporté bien plus ! Grâce à elle, j’ai pu me prouver que je pouvais rebondir ! ».
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10.12.2007
Franck Reinbolt et la vallée des loups
Depuis janvier 2005, Franck Reinbolt est à la tête de la Vallée des loups, une entreprise qui propose été comme hiver des séjours en gîte rural et des randonnées avec des chiens de traîneau, à Gerbepal, dans les Vosges.
Victime d’un licenciement économique en 2003, cet ancien chef des ventes dans les télécommunications a réalisé son rêve. « J’ai toujours été passionné par la montagne, la nature et les chiens nordiques. Mon but était de vivre un jour de ces passions », explique ce père de famille de 47 ans.
Une Boutique de gestion, un organisme de soutien à la création d’entreprise, l’aide à monter son projet. Franck et sa femme Sylvie vendent leur résidence principale, et achètent une superbe bâtisse dans le massif vosgien. Ils font un emprunt de 20 000 €, pour acquérir des traîneaux, des karts à roues et une yourte, destinée à leurs hôtes.
Pour se faire connaître, Franck présente son projet auprès des élus de la région et de l’Office national des forêts. Tous l’autorisent à utiliser ses karts sur les chemins communaux et forestiers du coin.
Il créé un site Internet, et fait imprimer 5 000 plaquettes publicitaires, qu’il distribue auprès des offices de tourisme et des commerces du département. « Il a fallu des mois pour informer et convaincre. Car nous sommes les seuls à proposer une telle activité en Lorraine. Mon ancien métier de commercial m’a beaucoup servi. »
Le succès dépasse les espoirs. L’an dernier, Franck est lauréat national du concours Talents, pour les créateurs d’entreprise. Son chiffre d’affaires a doublé en deux ans, et son revenu mensuel atteint 3 500 €. « Sylvie et moi passons nos journées à courir ! D’ici quelques semaines, nous allons embaucher un salarié, pour nous prêter main forte. »
Les clients viennent de tout le pays, mais aussi du Luxembourg, de Hollande et de Belgique. « Notre activité, basée sur le respect de l’environnement, est dans l’air du temps, sourit Franck. Nous avons su nous diversifier en accueillant à la fois des familles, des salariés en séminaire et des jeunes handicapés. C’est passionnant ! ».
La Fleurière, 25, route de Rayerant 88430 Gerbepal. Tél.: 06 11 10 10 93.
Site : www.fleuriere-gites-vosges.com
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09.12.2007
Thierry Sancey. Un recrutement à la carte
Pendant trente ans, Thierry Sancey a travaillé comme cuisinier et fondé trois restaurants, dans le Jura. Mais en 1999, une opération du dos le contraint à changer de voie. « Pendant toutes ces années, j’ai réalisé à quel point il était difficile de recruter un bon serveur ou un bon commis de cuisine. C’était un vrai casse-tête ! », se souvient Thierry.
En septembre 2003, ce Franc-Comtois de 46 ans décide de s’inspirer de son expérience pour créer Tourisme services organisation, un cabinet de recrutement et de formation dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et des métiers de bouche (boulangers, etc). Le principe : mettre en contact les salariés en quête d’une place, avec des employeurs en quête de personnel qualifié, en France et à l’étranger.
« Dès le départ, j’ai pu installer ma société dans une pépinière d’entreprises, à Besançon. Nous avons pu disposer de bureaux, d’un standard téléphonique et d’ordinateurs pour un coût modique », explique Thierry. Pendant des mois, ce dernier prospecte par téléphone les petites entreprises, pour se faire connaître.
« J’ai embauché deux salariés pour m’aider. Nous avons contacté des milliers d’employeurs potentiels, dans tout le pays. Mon carnet d’adresses m’a beaucoup servi. Grâce à mon expérience passée, j’ai pu être très vite crédible, et cerner avec justesse les besoins de mes clients », confie Thierry qui, grâce à son activité, empoche un revenu de 1 200 €/mois.
Lauréate du concours Talents de la création d’entreprises, sa société compte désormais six salariés. « Près de trois mille personnes ont déjà trouvé un poste, grâce à nos services. Certaines appellent pour nous remercier. Cela fait chaud au cœur ! ».
TSO : 03 81 80 69 07. Site: www.emploitourisme.com
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08.12.2007
Patrick Ripoche et Handirock
Tétraplégique à la suite d’un accident, Patrick Ripoche a décidé de réaliser son rêve, en faisant de la danse son métier. Aujourd’hui, ses cours de rock, de salsa et de tango rassemblent des élèves qui marchent et des élèves qui roulent, en Vendée et en Loire-Atlantique.
« On y va en musique ? Et un, deux, trois, cha cha cha ! ». Dans la salle de danse, à Basse-Goulaine, près de Nantes, Patrick Ripoche observe avec attention les couples de danseurs qui virevoltent sous ses yeux. Il y a quatre ans, cet ancien professeur de métallurgie de 43 ans a créé l’association Handirock, qui propose des cours uniques dans la région. « Ils sont ouverts à la fois aux roulants, c’est-à-dire aux personnes en fauteuil roulant, et aux marchants. »
Féru de danse depuis l’adolescence, Patrick Ripoche a pourtant failli renoncer à sa passion, à la suite d’un grave accident de voiture, en septembre 2000. Après quelques jours de comas, le verdict est sévère : victime de plusieurs fractures, dont une aux cervicales, le Vendéen ne peut plus ni bouger, ni parler. « Je n’avais plus aucun espoir. Jusqu’au jour où ma fille de deux ans est venue m’embrasser, à l’hôpital. C’était comme une piqûre de vie. J’ai décidé de me battre. »
Au centre de rééducation fonctionnelle de Nantes, une nouvelle rencontre conforte encore sa volonté. Encouragé par une infirmière, Patrick Ripoche assiste à un cours de danse, en présence de cavaliers valides et handicapés. C’est le déclic. « J’étais émerveillé. Jamais je n’aurais imaginé cela possible ! Lorsque j’avais l’usage de mes jambes, j’enseignais bénévolement le rock, sur mon temps libre. Pourquoi ne pas m’y remettre ? C’était une évidence : il fallait que je me lance, en créant ma propre école de danse. »
Pendant des mois, le Vendéen s’entraîne et se rode à la danse en fauteuil roulant avec son épouse. Grâce à l’aide d’un ami, il invente et finance de sa poche un prototype de fauteuil ultraléger et facile à manier. L’un de ses anciens élèves met gracieusement à sa disposition une salle de fête. Patrick Ripoche organise des démonstrations et multiplie les mailings, pour se faire connaître. Il fonde l’association Handirock, en mai 2003.
Le premier cours, à La Roche-sur -Yon, affiche rapidement complet. Qu’à cela ne tienne : le prof de danse en lance un second, en région nantaise. Grâce au bouche à oreille, plusieurs maisons de retraite font également appel à ses services. « J’interviens pour former le personnel, afin qu’il puisse organiser des après-midi dansants pour les pensionnaires », résume Patrick Ripoche, qui n’oublie pas les plus jeunes.
Chaque semaine, il enseigne le tango argentin à la Généraudière , une école primaire où se mêlent élèves valides et handicapés. « Au fil des séances, les enfants prennent confiance en eux et apprennent à mieux coordonner leurs mouvements », constate le Vendéen. Une satisfaction de plus pour ce passionné, qui se dit déjà comblé.
« Quoi de mieux que de transmettre ce que l’on aime ? Grâce à la danse, chacun apprend à découvrir l’autre et à mieux le comprendre, malgré ses différences. Cela n’a pas de prix. »
Handirock, La Renaudière , 85150 Sainte-Flaive-des-Loups. Tél.: 02 51 34 08 07. Site : www.handirock.asso.fr
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