01.11.2008
Des mains vertes pour le cimetière
Paru dans Ouest-France, ce 1er novembre
Samedi, c'est la Toussaint. Au cimetière paysager de la Péronnière, à La Roche-sur-Yon, les salariés de l'association intermédiaire Contact assurent l'entretien des espaces verts.

Armé d'une débroussailleuse, Manolito entame sa journée de travail au cimetière de la Péronnière. À ses côtés, six collègues, salariés comme lui de l'association intermédiaire Contact, basée à La Mothe-Achard, s'affairent sur les pelouses.
Jacques Rabaud, gardien des lieux, observe en souriant les hommes à l'oeuvre. Depuis avril dernier et jusqu'en avril 2009, une demi-douzaine de salariés se relayent chaque semaine sur le site, pour assurer l'entretien paysager. « Ils sont très efficaces ! Avant la Toussaint, ils ont mis les bouchées doubles pour que tout soit impeccable », confie-t-il.
Manolito et ses collègues y trouvent eux aussi leur compte. Employés en contrat avenir emploi, ces anciens demandeurs d'emploi apprécient ce cadre de travail pour le moins inhabituel. « Il y a quelques années, j'étais enduiseur maçon. Après deux opérations de l'épaule, j'ai dû abandonner mon métier. Je me suis retrouvé sans emploi », confie Manolito.
Depuis, ce jeune père de 34 ans, salarié à Contact, a trouvé sa voie. « Lorsque j'ai appris que je travaillerais dans un cimetière, j'imaginais un alignement de tombes. Mais ce site est accueillant. Aujourd'hui, j'espère dénicher un jour un poste dans les espaces verts ».
À l'image de ce site de 4,64 hectares, l'entretien paysager possède ses spécificités. « Nous respectons les équilibres naturels et les règles du développement durable. Nous n'utilisons aucun désherbant ni produit phytosanitaire », résume Jacques Rabaud. Le cimetière est découpé en zones, qui font chacune l'objet d'un soin particulier.
Respecter les équilibres naturels
Vingt-cinq à trente tontes annuelles sont réalisées sur l'axe central et le jardin d'accueil. Fixée entre les tombes, une membrane géotextile recouverte de gravillons empêche la pousse de l'herbe. Les feuilles des arbres, balayées par le vent, s'accumulent au fil des haies, avant de se transformer naturellement en humus.
Une gestion écologique qui permet aux salariés d'améliorer leurs connaissances. À l'image de Morgan, un ancien menuisier de 30 ans, occupé à tailler les buissons, près du colombarium. « Ici, je ne me sens pas dépaysé. Il y a quelques années, j'ai travaillé pour un marbrier. J'aime cette ambiance recueillie », résume ce salarié originaire des Sables-d'Olonne, sous contrat avec Contact depuis un an et demi.
L'expérience yonnaise l'a également inspiré. En mai prochain, à la fin de son contrat, Morgan souhaite comme Manolito dénicher une place dans les espaces verts. « Grâce à Contact, j'ai pu retrouver des réflexes, comme être ponctuel ou se lever le matin pour aller travailler, confie Morgan. Désormais, je sais ce dont j'ai vraiment envie. Cela compte ! ».
12:07 Publié dans Portrait, parcours de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité


