17.01.2008

Des vacances responsables et solidaires

Le tourisme responsable, qu'est-ce que c'est ? En mars dernier, une étude de la Sofres révélait que 88 % des Français se sentaient mal informés sur le sujet.

 

 

93c89527eb99b1ad1d051aeebc167f7a.jpgSeul un voyageur sur 5 était en mesure d’expliquer ce concept, il est vrai relativement récent.

Au final, seuls 2 % des voyageurs ont déjà testé la formule. Pourtant, le bouche à oreille commence à jouer. De nombreux Français se disent intéressés, motivés d’abord par l’envie de respecter la nature et de voyager autrement.

Reste à savoir comment procéder et vers qui se tourner. De nombreux partenaires du tourisme solidaire se sont dotés de chartes et de labels. Il en existe sept aujourd’hui, comme la charte de l’Unesco, adoptée en 1995.

d37638f7a9b53b49e54d0fb5d32d7315.jpgLes formes de voyage diffèrent selon l’organisme et la destination choisis. Mais les grands principes restent identiques.

Les séjours responsables se démarquent par l’implication des populations locales, qui ne se contentent pas d’accueillir les touristes, mais sont étroitement associées aux différentes phases du projet touristique.

Le respect des personnes, de leurs traditions et de la nature est toujours omniprésent.

Quelques sites peuvent vous permettre d’en savoir plus et de vous faire votre idée :

http://www.equitecho.org/Le-tourisme-solidaire-et-equitab...

http://www.unat.asso.fr/f/associationpourletourismeequita...

http://www.tourisme-dev-solidaires.org/

http://tourisme-solidaire.uniterre.com/

http://www.actualitesolidarite.com

http://www.echoway.org/

19.12.2007

Des bourses pour les jeunes globe-trotters

Vous vous sentez l’âme d’un aventurier, et l’envie de voyager et d’être utile aux autres vous titille ? Plusieurs bourses permettent chaque année à des dizaines de jeunes sans le sou de réaliser leurs rêves, en France ou à l’étranger. Pourquoi pas vous ?

 

Guilde européenne du raid

1. Bourses expé
Type de projets : Montagne, randonnée, trekking, descente de canyon, traîneau à chien, ski pulka, spéléo.
Conditions : Les expéditions devront être réalisées entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009.
Age : Majeurs, âgés de moins de 30 ans, ou dont la moyenne d’âge des équipiers ne dépasse pas 30 ans (des exceptions pour les projets spéléo).
Montant : 8 500 € en espèces et 12 000 € en équipement.
Dépôt des dossiers : juin 2008
Plus d’infos : www.expe.net/bourses

2. Bourses SPB de l’aventure
Nature du projet : Il présentera un caractère d'aventure sportive ou d’exploration, de par l'objectif ou les moyens utilisés (pas de compétitions).
La réalisation du projet devra débuter en 2008 et être terminée courant 2009. Le projet se déroulera sur une durée maximum d’un an.
Age : à partir de 18 ans.
Montant des bourses : une dotation globale de 20 000 € répartie en 5 à 7 projets maximum.
Dépôt des dossiers : 31 mars. Résultat : fin mai.
Pour en savoir plus : www.la-guilde.org

3. Les dotations des solidarités nord-sud
Créées en 1983 par la Guilde et soutenues par le ministère des Affaires étrangères (Mission de coopération non gouvernementale) ainsi qu’une dizaine de partenaires privés.
Type de projets : Ces dotations sont destinées à soutenir des projets associatifs de solidarité internationale (les dotations ne s’adressent pas aux chantiers de jeunes, aux voyages ou aux missions ponctuelles à caractère humanitaire).
Conditions : Les porteurs de projets doivent justifier de leur capacité à démarrer l’action à la période correspondant à la session à laquelle ils participent. Sauf cas exceptionnel, un même projet ne peut être présenté à deux sessions consécutives.
Age : à partir de 18 ans.
Montant : 1 500 à 7 500 €.
Dépôt des dossiers : 2 jurys par an.
Pour en savoir plus : www.la-guilde.org

Déclic Jeunes
Dotation : 20 bourses de 7 600 €.
Pour qui : Pour les jeunes de 18 à 30 ans qui souhaitent suivre leur vocation, en développant un projet ou en poursuivant une recherche dans les domaines culturel, artisanal, scientifique, environnemental, humanitaire ou social.
Critères : Les candidats doivent mettre en évidence leur vocation, et présenter les preuves qui démontrent l’état d’avancement de leur projet (expositions, concerts, publications, conférences, etc). Ils sont jugés sur l’originalité et le caractère altruiste de leur initiative.
Inscription : Pour recevoir un dossier d’inscription, remplir le questionnaire de présélection en ligne sur le site : www.fdf.org

Défi Jeunes
Dotation : Prix régionaux pouvant atteindre 1 600 € pour les 15-17 ans, et de 1 600 à 8 500 € pour les 18-28 ans. Prix nationaux de 3 000 € attribués aux meilleurs projets réalisés.
Pour qui : Les jeunes de 15 à 28 ans qui soutiennent un projet individuel ou collectif, dans le domaine culturel, social, humanitaire, écologique, sportif, scientifique et technique ou économique. Cette initiative doit présenter un caractère de défi pour soi, d’utilité sociale et d’innovation.
Critères : Les candidats doivent préparer un dossier complet, avec un plan de financement, puis le défendre devant un jury. Ils doivent aussi justifier d’au moins deux parrainages en espèces ou en nature, représentant au minimum 30% du montant du prix.
Pour en savoir plus: www.defijeunes.fr

Concours régional Envie d’agir
Organisme : Ministère de la Jeunesse et des Sports
Type de projets : Ce concours concerne les projets plus
structurés ayant un impact sur le projet de vie du jeune
et souvent une visée professionnelle.
Conditions : Trouver au moins 30% du montant
demandé auprès de d'autres partenaires.
Age : 15 à 28 ans.
Montant : de 1 600 à 8 500 €.
Dépôt des dossiers : Jusqu’à trois jurys par an.
Pour en savoir plus : www.enviedagir.fr

Concours national Envie d’agir
Organisme : Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Type de projets : dans tous les domaines.
Age : 11 à 30 ans.
Dépôt des dossiers : mi-mai.
Montant : plusieurs centaines au niveau régional (de 500 à 1 000 €), dizaines au niveau national (2 000 €) et quelques-unes au niveau européen.
Pour en savoir plus : www.enviedagir.fr

Bourses Zellidja
Dotation : Une soixantaine de bourses de 600 à 1.000 € chaque année.
Pour qui : Les jeunes de 16 à 20 ans, qui souhaitent accomplir seuls un voyage d’un mois minimum.
Critères : Avant de partir, il faut présenter un projet d’étude sur le pays et le thème de son choix, en détaillant ses motivations, son itinéraire, ses contacts à l’étranger et le budget dont on dispose. A son retour, le boursier doit remettre un carnet de voyage, un rapport d’étude et le détail de ses dépenses. Les auteurs des vingt meilleurs dossiers gagnent un second voyage, d’une valeur maximale de 1.300 €.
Pour en savoir plus : www.zellidja.com

Bourses Paris jeunes aventure
Dotation : Octroyées par la Mairie de Paris, ces bourses d’un montant de 760 € à 7.600 € ne peuvent pas excéder 75 % du budget prévisionnel du projet.
Pour qui : Les jeunes de 16 à 28 ans qui habitent, étudient ou travaillent à Paris, et qui ont un projet individuel ou collectif dans le domaine sportif, culturel, scientifique, humanitaire ou documentaire.
Critères : L’expédition, qui peut se dérouler dans n’importe quel pays, doit débuter dans l’année, et s’achever dans les deux ans à compter de la date limite du dépôt du dossier. Les participants doivent prévoir pour avant et/ou après leur voyage un minimum de trois animations (au choix photographie, dessin, conte, expositions, diaporama, etc).
Pour en savoir plus : www.abm.fr

Fondation Hulot
Dotation : « Coups de pouce » de l’ordre de 100 à 500 €. 2 000 à 3 000 € pour les bourses.
Pour qui : Particuliers ou membres d’associations de tout âge, qui réalisent durant l’année scolaire en cours un projet dans le domaine de l’éducation à l’environnement. Ces initiatives doivent être centrées autour des thèmes de la biodiversité, de l’eau, de l’éco-citoyenneté et du développement durable.
Critères : Les lauréats s’engagent à fournir un compte-rendu de leur projet, illustrant leur action sur le terrain, et à participer à la demande de la Fondation aux manifestations d’information destinées à présenter leur initiative au grand public.
Pour en savoir plus : www.planete-nature.org

Cette liste est loin d’être exhaustive. Plusieurs entreprises et collectivités locales octroient elles aussi régulièrement des bourses. Pour connaître la liste et les dates d’inscription et de retrait de dossiers, RV sur le site de la Guilde européenne, onglet « bourses 2008 ». www.la-guilde.org

13.12.2007

Tara Topan contre les mariages forcés

Au Burkina Faso, le mariage forcé reste répandu dans les campagnes. A la tête de l’association Kebayina, Tara Topan se bat pour aider les jeunes filles en détresse à faire valoir leurs droits.   

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Lorsqu’elle évoque sa jeunesse, le regard déterminé de Tara s’assombrit, comme écrasé par le poids du souvenir. Etudiante brillante en France à la fin des années soixante-dix, Tara n’oubliera jamais son retour au Burkina Faso, son pays d’origine, en 1980. Durant son absence, son  grand-père a décidé de la marier à un homme qu’elle n’a jamais vu. Epouvantée, Tara réussit en cachette à persuader l’étranger, devenu depuis l’un de ses meilleurs amis, de ne pas l’épouser (En photo: Tara Topan).

Mais depuis, la révolte ne la quitte plus. Inlassablement, cette mère de deux grands enfants consacre aujourd’hui toute son énergie à voler au secours des jeunes filles qui, comme elle, sont contraintes chaque année de fuir leur famille pour échapper à leurs promis.

cb1c739ac56d4718c810ddbbb1b0e9fd.jpg« Souvent, elles sont considérées comme de vulgaires bouches supplémentaires à nourrir, même si elles multiplient les petits boulots et assurent l’intégralité des tâches ménagères. Leurs parents, qui peinent à survivre, cherchent à s’en débarrasser au plus vite », explique Tara (photos: marché de Koupéla).

En 1996, elle a fondé avec un groupe d’amies l’association Kebayina, qui signifie « solidarité » en langue gouing. Basée à Ouagadougou, la capitale, elle oriente les adolescentes sans ressources vers des centres et des missions catholiques, où elles pourront trouver gîte et couvert et apprendre un métier.

a7bc73fe8692fec52bfb7d4843560cd7.jpg« Pour elles, fuir est souvent un crève-cœur. La plupart sont maudites par leurs proches. Personne n’ose les aider, de peur de s’attirer les foudres de leur famille, la vengeance des anciens ou la malédiction divine », regrette Tara.  

La déroute économique du Burkina Faso, où les trois quarts des habitants ne savent ni lire ni écrire, ne semble guère annoncer de jours meilleurs pour ces adolescentes en difficulté. Pourtant, même si elle est consciente du long chemin qui reste à parcourir, Tara se dit bel et bien confiante en l’avenir.

76fcb53aac88caaee372326b0493cdb3.jpgDepuis août 1990, le code de la famille dit en effet qu’une fille doit être âgée d’au moins 17 ans pour pouvoir prétendre à un mariage civil. « Et la polygamie n’est possible que si toutes les épouses sont d’accord », se réjouit Tara.

 Patiemment, elle organise régulièrement des réunions dans les villages reculés, pour faire connaître ces nouveaux droits aux plus démunies et les inciter à s’en servir. Un premier pas, elle en est sûre, vers moins d’injustices.  

Témoignage

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Mariée à l’âge de quatorze ans, Rasmata enseigne le tissage au centre artisanal de Kaya, une ville de 35 000 habitants à une centaine de kilomètres au nord de Ouagadougou.

« L’une de mes amies a été donnée en mariage par son père à un vieil homme aveugle de 80 ans, qui possédait déjà plusieurs épouses. Parce qu’on lui avait dit qu’elle était destinée à l’un de ses fils, elle a accepté. Mais c’était faux. Quand elle l’a compris, elle a décidé de se sauver », raconte la jeune tisseuse.

Agée de dix-neuf ans, la fuyarde est alors traquée sans merci. « Elle s’est cachée partout, puis nous l’avons recueillie chez nous. Mais la faute est retombée sur sa mère. Les anciens ont voulu l’expulser de son village. Il lui reprochait d’avoir mal élevé sa fille, d’en avoir fait une honte pour toute sa famille », confie Rasmata.  

Heureusement, l’histoire se termine bien. La jeune fille s’est exilée en Côte d’Ivoire. Le vieux prétendant, lui, est décédé. Dans une lettre pleine de reconnaissance, la jeune promise a confié à Rasmata son espoir de revenir un jour, peut-être, dans sa province natale, pour présenter enfin ses trois enfants et son mari à sa mère. (En photo :  Rasmata).

 

08.12.2007

Simone Houlbert. Un jardin pour les enfants des bidonvilles

Il y a neuf ans, Simone Houlbert a fondé l’association Essor Ecuador, en Equateur. Là-bas, cette retraitée cultive des légumes pour nourrir gratuitement les enfants défavorisés, dans les garderies.

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Installée en Equateur depuis neuf ans, Simone Houlbert fait chaque année une escale de quelques jours en France, auprès de ses proches. Mais l’esprit de ce petit bout de femme, qui fêtera bientôt ses soixante-dix ans, ne quitte jamais vraiment les hauteurs de Quito, sa ville d’adoption. C’est là que la vie de cette retraitée a basculé, en mars 1997.

 

« Depuis des années, je rêvais de venir en aide aux enfants déshérités. Pendant trois mois, j’ai réalisé une mission dans une garderie, située dans un bidonville. Là-bas, les enfants survivent en vendant des babioles en échange de quelques pièces. Les tout-petits dont je m’occupais étaient apathiques. Ils ne riaient jamais. Et pour cause : la plupart souffraient de malnutrition. Les laisser livrés à leur sort, c’était impossible ! », explique Simone.

 

79457ec4b2071626b556857838e52a6e.jpg Ni une, ni deux ! En janvier 1998, Simone créé l’association Essor Ecuador. Son objectif : financer avec ses deniers un petit jardin, et y cultiver des légumes, pour nourrir les enfants. Un propriétaire généreux accepte de prêter trois hectares de terre à Machachi, au pied du volcan Cotopaxi. La retraitée embauche un couple d’Equatoriens pour lui prêter main forte. Elle s’initie peu à peu à l’espagnol, dont elle ne parle pas un mot.

 

 

b7e54072e95a411f15ad53b5b2384d2d.jpgPendant trois ans, Simone cultive de ses mains pommes de terre, carottes, choux et navets. Grâce à elle, douze garderies, soit huit cent enfants, sont approvisionnées chaque semaine ou quinzaine. En 2001, les héritiers du propriétaire souhaitent reprendre les terres. L’association doit déménager. Mais il en faudrait plus pour abattre Simone, qui déniche rapidement un autre lopin d’un hectare, au nord-est de Quito.

Dans la foulée, elle créé une petite école de jardinage, pour transmettre son savoir aux enfants des quartiers pauvres. Une quarantaine de jeunes y cultivent régulièrement leur petit carré. « J’essaye de leur inculquer le respect de la nature. A chaque séance, ils repartent avec leur sac de légumes ».

 

c7ef5637e0bbd919e3c75ed5824079f1.jpgSimone Houlbert ne roule pas sur l’or. Mais elle est bien décidée à se battre bec et ongles pour ses « petits ». Car le jeu en vaut la chandelle. En 2005, Essor Ecuador a reçu le Trophée des justes d’or et le prix des ONG françaises en Equateur.

Par ailleurs, une étude réalisée par l’Institut national de la famille a démontré un net recul de la malnutrition chez les enfants des garderies, approvisionnées par l’association. La plus belle des récompenses pour Simone. « Les jeunes courent, s’amusent. Ils ont retrouvé leur joie de vivre. Que rêver de mieux ? »

Essor Ecuador, 15, place Centrale, 21800 Quetigny. http://essor-ecuador.ifrance.com

Mail : essorecuador@hotmail.com